Moxibustion & Patrimoine

La moxibustion, pratique ancestrale issue de la Médecine Traditionnelle Chinoise*, a été inscrite en 2010 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l'UNESCO . Cette reconnaissance internationale souligne la valeur culturelle, historique et thérapeutique de cette technique millénaire qui consiste à stimuler des points d’acupuncture par la combustion d'armoise commune séchée (espèces : Artemisia vulgaris, Artemisia Agyi ou Artemisia Princeps).

Ce petit film est une bonne introduction à ce qu'est la moxibustion...


L'Armoise commune – Artemisia vulgaris

L’armoise commune est une plante herbacée vivace appartenant à la famille des Astéracées (ou Composées), largement reconnue en pour ses nombreuses propriétés. Il existe de très nombreuses espèces d’armoise, parmi lesquelles on retrouve l’estragon, l’absinthe ou encore le génépi, toutes connues pour leurs usages culinaires ou thérapeutiques.

Celle que nous utilisons spécifiquement est Artemisia vulgaris, aussi appelée herbe de la Saint-Jean, herbe à feu, ou encore tabac de Saint-Pierre. Récoltée traditionnellement autour du solstice d’été, elle est alors à son apogée énergétique, notamment dans les pratiques associées à la moxibustion.

Il convient de ne pas la confondre avec Artemisia annua (armoise annuelle), bien que cette dernière soit également reconnue pour ses vertus médicinales. Les deux espèces diffèrent tant par leur apparence que par leur parfum. Artemisia vulgaris dégage une odeur chaude, douce et pénétrante, alors que l’annua possède un arôme plus fort, plus vert, amer et végétal. Elles sont totalement opposées en nature et saveur en Pharmacopée Chinoise. L'armoise annuelle est notamment de nature froide et son utilisation ne fait donc pas de sens en moxibustion.

L’armoise utilisée en France est parfaitement équivalente à celle utilisée pour la confection du moxa chinois ou du moxa japonais. Il s'agit de la même espèce (Artemisia Vulgaris). Les chinois mentionnent les espèces "Artemisia Vulgaris" ou "Artemisia Argyi" qui est une espèce très proche. Les Japonais, eux, mentionnent "Artemisia Princeps", également très proche.

Notre moxa n'est donc pas une tentative d'imitation du moxa original chinois mais bel et bien le même produit avec le même processus de fabrication traditionnel et les mêmes effets thérapeutiques. 

Nos amis et collègues Chinois nous ont informé qu'il était très difficile de trouver du bon moxa en Chine, non pas parce qu'on ne peut pas trouver de la bonne armoise ou qu'ils ne savent pas le fabriquer mais parce que la demande est telle, qu'il est nécessaire de fabriquer de grands volumes et qu'il est donc nécessaire d'avoir recours à la culture intensives et des processus de fabrication accélérés. Bien sûr, il y a de la fabrication artisanale mais il est probablement difficile de la trouver à l'exportation. Le marché du moxa s'élèverait à 88 milliards de yuan (880 millions d'euros) là-bas...

Armoise
Planche Armoise